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Publié par Arthur.

Après les Législatives… Attention à la Marche... et 8 Députés frontistes dont Marine Le Pen à l'Assemblée Nationale

Pour le rédacteur en chef de Ruptures Pierre Lévy, le second tour des législatives confirme, voire amplifie, ce que les scrutins précédents ont marqué : un fossé social de plus en plus profond.

Un parlement violet, si ce n’est ultra-violet. Une participation en chute libre (43%), constituant même un record absolu dans ce type de scrutin. Un Parti socialiste laminé, une droite classique en déroute et éclatée. Une France insoumise finalement ragaillardie puisque, à défaut de siéger à l’Elysée comme elle en avait fugacement caressé l’espoir, elle disposera d’un groupe au Palais-Bourbon. Et un Front national qui déjoue les pronostics de ses détracteurs en faisant élire, seul contre tous, une huitaine de ses représentants.

Mais au-delà de ce tableau largement commenté, le second tour des législatives confirme, voire amplifie, ce que les scrutins précédents ont marqué : un fossé social de plus en plus profond.

Plus encore que d’habitude, ce sont bien les classes populaires qui ont fait massivement la grève de l’isoloir

C’est caricaturalement visible dans l’abstention : plus encore que d’habitude, ce sont bien les classes populaires qui ont fait massivement la grève de l’isoloir. Ces mêmes catégories qui avaient, pour une large part, placé Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, et permis à Jean-Luc Mélenchon de créer la surprise au premier tour de celle-ci (même si ce dernier a également rallié beaucoup de bobos des centre-villes, séduits par un discours écologique post-moderne, par ailleurs mortifère au regard de toute espérance de transformation sociale).

Idéologiquement : une France ouverte… à l’ultralibéralisme et à la mondialisation ; contre une France «arc-boutée»… sur sa protection sociale et sa souveraineté.

Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes

Ce clivage de classe se reflète dans la sociologie des nouveaux élus. Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes. Du coup, En Marche! est bel et bien en passe de «renouveler» la classe politique. Mais la question est : dans quel sens ? Certes, le Palais-Bourbon ne brillait pas par l’abondance d’ouvriers, de techniciens, de caissières de supermarché ou de chômeurs.

Mais les nouveaux marcheurs se recrutent essentiellement parmi les «entrepreneurs», les patrons de start-up, les conseils en management ou les directeurs de ressources humaines. Ce que le langage bruxellois nomme avec tendresse «la société civile». Lors de la soirée électorale, il s’est du reste trouvé des invités pour saluer l’entrée en force d’«hommes et de femmes qui connaissent l’entreprise» (privée, de préférence). Autant de nobles représentants du peuple qui, n’en doutons pas, défendront bec et ongles un siècle de conquêtes ouvrières…

Cette loi El Khomri puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles

Car l’ordre du jour macronien est connu. Outre la loi dite «de confiance dans la vie démocratique» (un intitulé proprement orwellien…), c’est la loi d’habilitation permettant au futur gouvernement de démonter par ordonnances le code du travail qui tient le haut de l’affiche.

Cette loi El Khomri puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles. Emmanuel Macron n’a en outre pas caché que ces «réformes» au pas de charge exauceraient les souhaits de Berlin (Angela Merkel n’a pas attendu une heure après la fermeture des bureaux de vote pour envoyer un message de félicitations aux Marcheurs…) et positionneraient ainsi la France en bon élève européen.

 

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Gilbert Collard, élu de justesse dans le Gard, veut revoir l'organisation du Front national, photo ©PASCAL GUYOT / AFP

Avec huit députés, le Front national veut quand même incarner l'opposition

 

Mais il faut 15 députés pour constituer un groupe parlementaire. En conférence de presse à Hénin-Beaumont où elle a été élue, Marine Le Pen a fait savoir qu'elle espérait y parvenir dans les prochains mois. «Un groupe où nous nous entendrions sur deux, trois lignes principales, tout en conservant chacun notre indépendance et sa spécificité», a-t-elle précisé.

Sur RTL, Louis Alliot, l'un des huit députés élus du FN s'est pour sa part dit confiant dans la capacité du parti à trouver dans l'hémicycle les sept députés nécessaires pour atteindre la taille nécessaire.

Et, de fait, Gilbert Collard, seul député frontiste de la précédente législature, après la défection de Marion Maréchal-Le Pen, est déjà dans les starting blocks.

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Non que le nouveau maître de l’Elysée soit un docile adjudant-chef exécutant fidèlement les ordres de l’UE. Il aspire en réalité à être, avec la chancelière, un des décideurs au sein d’un directoire européen. Car l’Union européenne n’est pas une abstraction, mais l’outil indispensable pour tenter d’imposer aux peuples ce que ces derniers auraient eu la force de refuser au niveau national.

Le prochain rendez-vous est tout proche : le Conseil européen se réunit les 22 et 23 juin. Le président français, de concert avec sa consœur allemande, compte y pousser l’intégration militaire de l’UE. Un «approfondissement» de la gouvernance de la monnaie unique pointe également à l’horizon.

A Bruxelles et dans les cénacles politico-médiatiques inspirés, il est désormais de bon ton, après la victoire d’Emmanuel Macron, de fêter le déclin du «populisme». Entendre par là : les résistances aux projets économiques, sociaux et sociétaux de l’oligarchie.

Les plus lucides, cependant, attendent un peu avant de déboucher le Champagne. Car, après le code du travail, c’est le transfert de la protection sociale vers la CSG qui se profile, ainsi que 60 milliards de coupes dans les dépenses publiques – également un impératif européen.

Il n’est pas certain que le nouveau chef de l’Etat ait devant lui une Marche tranquille.

 

Source : ruptures-presse.fr

Les 8 députés frontistes de l'Assemblée Nationale sont :

 

1. Marine Le Pen, Présidente du front National

Marine Le Pen

Marine Le Pen

2. Emmanuelle Ménard,

fondatrice du site Boulevard Voltaire et épouse du maire de Béziers, Robert Ménard.

Emmanuelle Ménard

Emmanuelle Ménard

3. Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen

Louis Aliot

Louis Aliot

4. Bruno Bilde, maire adjoint de Hénin-beaumont

Bruno Bilde

Bruno Bilde

5.  Sébastien Chenu, fondateur de GayLib, l'association de défense des droits LGBT, proche de Florian Philippot

Sébastien Chenu

Sébastien Chenu

6. Gilbert Collard

Maitre Gilbert Collard

Maitre Gilbert Collard

7. José Evrard, ancien cadre local du Parti communiste du Pas-de-Calais

José Evrard

José Evrard

8. Ludovic Pajot, 23 ans, conseiller municipal de Béthune, conseiller régional des Hauts-de-France, sera le benjamin de l'Assemblée nationale.

Ludovic Pajot

Ludovic Pajot

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