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Publié par Arthur

Napoléon Empereur

Napoléon Empereur

 

Le 2 décembre 1804 (11 Frimaire An XIII selon le calendrier républicain), Napoléon Bonaparte est sacré Empereur des Français dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence du Pape Pie VII.

 

Natif de Corse, général de la Révolution française, âgé de 35 ans, il reconstitue l'Empire de Charlemagne.

 

Napoléon Bonaparte, alors  Premier Consul, a su amener la paix, et affermit son pouvoir à l'intérieur comme à l'extérieur.

 

Il conclut avec le pape un Concordat qui rétablit la paix religieuse à l'intérieur. Il consolide les conquêtes de la France sur la rive gauche du Rhin et resserre les liens avec les petits États d'Allemagne et la Suisse.

 

La bourgeoisie, qu'inquiète la menace d'une restauration royaliste, adresse au Premier Consul des pétitions en vue d'instaurer l'hérédité dans sa famille comme garantie contre le retour des Bourbons. C'est ainsi que, par le sénatus-consulte du 28 floréal An XII (18 mai 1804), le Sénat déclare :

« Article premier.
Le gouvernement de la République est confié à un empereur, qui prend le titre d'Empereur des Français.
La justice se rend, au nom de l'empereur, par les officiers qu'il institue.
« Article 2.
Napoléon Bonaparte, premier consul actuel de la République, est empereur des Français.
« Article 3.
La dignité impériale est héréditaire dans la descendance directe, naturelle et légitime de Napoléon Bonaparte, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, et à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.
« Article 4.
Napoléon Bonaparte peut adopter les enfants ou petits-enfants de ses frères, pourvu qu'ils aient atteint l'âge de dix-huit ans accomplis, et que lui-même n'ait point d'enfants mâles au moment de l'adoption. »

C'est la « Constitution de l'An XII », qui institue une monarchie sans abolir la République.

 

En adoptant le titre d'Empereur, qui renvoie à Charlemagne et à la Rome antique, dont l'Empire d'Occident avait disparu en 476  après J.C., il évite celui de roi.

 

Le19 mai 1804, Napoléon 1er,  nommera Maréchal d'Empire 14 de ses généraux, dont Bernadotte, Lannes, Berthier, Murat... C'est la « distribution des Aigles ».

 

Il avait déjà créé la légion d'Honneur, deux ans plus tôt, témoignant de l'intention de l'empereur de reconstituer une noblesse d' "honneur" et de "courage" des soldats (comme au Moyen-Age) en complément de l'ancienne.

 

La « Constitution de l'An XII » est ratifiée par un plébiscite en novembre: 3.572.329 oui contre 2.579 non pas encore reçu le sacre.

 

Napoléon demande au Pape de venir le sacrer, comme Charlemagne, un millénaire plus tôt, par une lettre.   

 

La veille du  sacre, le Pape s'apercevant que Joséphine n'était mariée que civilement à l'empereur, Pie VII le fait réveiller et régulariser son union devant Dieu, dans la chapelle des Tuileries, pendant la nuit, en présence du Cardinal Fesch, oncle de l'Empereur.

 

 

La cérémonie du Sacre est ordonnancée par le peintre Jacques-Louis David (55 ans), adepte du néo-classicisme et du retour au style antique. Député à la Convention et ami de Robespierre, rallié à Bonaparte, il devient le peintre officiel de l'Empire.

Toute la nuit du 2 décembre 1804, la neige tomba à petits flocons, déposant un manteau blanc que les ouvriers s'empressèrent d'enlever et de sabler, aux abords du palais des Tuileries et sur le parcours des cortèges.
 
Dès six heures du matin, des invités se pressent à l'entrée de Notre-Dame, munis de leur précieux billet d'entrée. Las, ils sont refoulés par des grenadiers car des ouvriers assurent les dernières retouches à la décoration de la cathédrale.

Vers sept heures, les invités peuvent enfin s'installer et admirer la décoration intérieur, tandis que les cinq cents instrumentistes et choristes se placent de part et d'autre de la grande croix de la nef.
 
A neuf heures, le corps diplomatique arrive à la cathédrale. Seul le comte Cobenzl, chancelier d'Autriche, est absent, afin de marquer les divergences diplomatiques qui existent entre son pays et la France.
 

Le Pape, à son tour, se rend à la cathédrale, acclamé par la foule.

 

Puis vient le tour de Napoléon et Joséphine qui quittent en carrosse leur palais des Tuileries. Leur convoi compte pas moins de 25 voitures. Il est accompagné de six régiments de cavalerie.

Le Cortège

Le Cortège

 

Comme convenu avec le Pape, Napoléon 1er se couronne lui-même, debout, face à l'assistance, selon un rite carolingien, puis il couronne l'Impératrice.

 

La cérémonie, longue de près de cinq heures, se termine ainsi : le Pape les bénit en prononçant ces mots : « Sur ce trône de l'Empire que vous affermisse et que, dans son royaume éternel, vous fasse régner avec lui, Jésus Christ, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, qui vit et règne avec Dieu le père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. »

Puis Pie VII donne l'accolade à l  'Empereur  : « Vivat Imperator in aeternum », ce à quoi répond l'assistance par des « Vive l'Empereur » et « Vive l'Impératrice ». Et Napoléon prononce son Serment Constitutionnel.

 

Le sacre de l'Empereur de J.L.David, Musée du Louvre

Le sacre de l'Empereur de J.L.David, Musée du Louvre

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